Rémy Marchand : Un cadre commun de standardisation des échanges de données pour le commerce et la logistique

Au cours des dernières années, l’Union Européenne a soutenu financièrement plusieures dizaines de projets destinés à développer l’usage des technologies de l’information et de la communication en vue de favoriser l’essor de systèmes de transports intelligents. De quoi s’agit-il ? De systèmes combinant l’usage de moyens de transport innovants (trains à grande vitesse, wagons chargeant des remorques de transport routier, bateau du futur), des infrastructures nouvelles (port du futur, dont ports off shore, réseaux de circulation autorégulés etc.) et des systèmes d’échanges d’information évolués. Les différents modes de transport ont été concernés par ces projets, le plus souvent européens, parfois associant des pays européens et des pays situés dans d’autres continents, principalement l’Asie. De nombreux projets ont concerné plusieurs modes de transport cherchant à les combiner dans le cadre d’une recherche d’Optimodalité, c’est à dire de combinaison optimale de divers modes de transport employés successivement. Ces projets ont suscité la production de standards d’échanges électroniques qui – dans un premier temps – n’ont pas respecté un corpus de règles de conception qui leur eut conféré des caractéristiques d’interopérabilité. Le transport ferroviaire a ainsi suscité la production des standards TAF-TSI, le transport routier la production du standard DATEX dont la partie 3 concerne les messages électroniques de gestion du trafic, e-Freight produit de son côté les standards de l’échange électronique de données du transport de fret aérien et dans ce dernier cas, il s’agit d’une activité de standardisation de niveau mondial gérée par l’IATA. A une époque où l’on recherche à concevoir un développement durable, à économiser l’énergie, à diminuer la pollution et les émissions de CO2, il était important de pouvoir organiser le transport multimodal et la logistique de délivrance des produits dans le cadre des chaines d’approvisionnement de façon efficace et pour cela la contribution de systèmes d’information interopérables s’avère nécessaire. Ayant fait ce constat, l’Union Européenne a suscité la création d’un Cadre Commun de standardisation qui existe et devient un cadre de référence pour tous les standards d’échanges de données du transport et de la logistique. Le reproche lui est fait de n’avoir pas scrupuleusement respecté les bonnes pratiques de standardisation définies par UNCEFACT, organisation destinée à standardiser les systèmes d’échanges de données placée dans le cadre de l’ONU. Ce reproche est à la fois justifié et nénmoins malvenu car s’il avait existé un cadre commun produit par UNCEFACT dans les règles de l’art, il eut été adopté. Il reste quand même à partir d’un Cadre Commun européen certes criticable, mais qui a le mérite d’exister, à le faire évoluer pour qu’il prenne mieux en compte les disciplines de standardisation. Le Pôle national de compétitivité français pour le transport et la logistique (Nov@log http://www.novalog.eu) va se consacrer à accompagner cette évolution ainsi qu’à la tâche d’alignement des standards hérités du passé sur un Cadre Commun rendu progressivement complet et conforme aux exigences telles qu’énoncées par les Nations Unies UNCEFACT. Ce travail sera bien entendu effectué en bonne intelligence avec les Directions générales concernées de l’Union Européenne. Il assurera la participation la plus large des parties prenantes afin que celles-ci soient étroitement associées à la conception de standards qu’elles devront ensuite utiliser pour saatisfaire leurs propres besoins.

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